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Chili, le désert comme source d’énergie propre

 
25 juin 2021   |   , ,
 
Par Alberto Barlocci

Elles sont plusieurs les centrales solaires fonctionnant ou en cours d’installation au Chili, dans le désert de l’Atacama, le plus aride au monde. Une expérience qui enseigne à regarder différemment le développement d’un pays.

L’idée de développement économique, entre autres, suppose aussi la possibilité de transformer les faiblesses d’un pays en force. Cela dépend très souvent de notre capacité à observer une réalité de telle manière à transformer les désavantages en source de richesse. Cela dépend donc beaucoup de la façon dont nous « regardons » un pays.

Outre les ressources minérales, qui sont considérables, que pourrait offrir d’autre au développement le désert d’Atacama qui occupe une grande partie du nord du Chili ? Nous sommes dans la région la plus aride au monde : une vaste superficie, qui, pratiquement, n’est habitée que sur la côte. Inaccessible en son centre, elle est sillonnée de chaînes montagneuses arides, qui se propagent ensuite en ramifications des Andes.  En grande partie stérile pour l’agriculture, il est, vu la rareté des pluies, en dangereuse expansion dans les régions septentrionales du Chili. Mais ce n’est qu’une façon de voir les choses. Les températures élevées, pendant la journée, et l’irradiation solaire intense peuvent être transformées en ressources. Le désert considéré comme source d’énergie représente une nouvelle frontière d’avant-garde pour le pays.

C’est ce que les constructeurs de centrales solaires ont compris : elles se multiplient, avec une augmentation bénéfique de l’énergie renouvelable, à tel point qu’à certains moments de l’année celle-ci a pratiquement un coût zéro. La dernière de ces réalisations fut inaugurée il y a tout juste une semaine. Il s’agit d’une des plus grandes centrales thermo solaires construites, située sur la localité de Cerro Dominador, dans la région d’Antofagasta, en plein désert.

La nouvelle centrale, la plus grande d’Amérique latine de ce type, utilise le système mixte de panneaux photovoltaïques, répartis sur une superficie de mille hectares, reflétant la lumière et la chaleur sur une énorme colonne de 250 mètres de haut, qui contient une solution saline. La surchauffe de ces fluides se transmet à un réservoir d’eau qui, à son tour, produit de la vapeur mettant en mouvement une turbine.  La capacité atteint les 210 mégawatts. On estime qu’à sa pleine puissance la centrale peut alimenter 382 000 logements de façon constante. On évite ainsi l’émission annuelle de 630 000 tonnes de CO2, soit l’équivalent des gaz d’échappement de 135 voitures en un an. L’investissement s’est établi à 1,3 milliard de dollars et a généré 1500 emplois dans la construction de 80 unités d’installation et la gestion de la centrale.

Le projet s’inscrit dans le cadre du plan national de réduction des émissions de carbone par rapport aux besoins énergétiques, un plan qui, en recourant largement à l’énergie éolienne, géothermique et solaire, a multiplié son potentiel par dix au cours des six dernières années. La capacité actuelle de l’énergie solaire est d’environ 2 700 mégawatts, ce qui couvre environ 11 % de la demande énergétique quotidienne du pays. Le « saut » réalisé vers les énergies renouvelables repose sur la production d’environ 200 centrales réparties sur tout le territoire, tant éoliennes, de plus en plus nombreuses,  qu’hydroélectriques et géothermiques. Les centrales solaires sont au nombre de 31, dont beaucoup sont en service et d’autres en phase finale d’installation.

Globalement, au Chili, les sources renouvelables alternatives couvrent actuellement 23 % de la demande énergétique, produisant plus de 5800 mégawatts. Est ainsi dépassé l’objectif initial d’arriver à 2025 couvrant 20 % des besoins énergétiques par les énergies renouvelables non conventionnelles. Le plan énergétique en plein développement vise aujourd’hui à obtenir 70 % de l’énergie nécessaire à partir de sources propres en 2050, mais la perspective, pour cette date, est que 100 % de l’énergie utilisée provienne de sources alternatives. Et non seulement ! le Chili pourrait se transformer en exportateur d’énergie produite à partir de sources renouvelables.

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